La variole simienne au Sud-Kivu : une crise sanitaire en pleine expansion.
Dans les couloirs surchauffés de l’hôpital Saint-Joseph de Kamanyola, au Sud-Kivu, la tension est palpable. Cette petite bourgade située à la frontière entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Burundi est devenue l’épicentre d’une crise sanitaire alarmante : la flambée de la variole simienne, communément appelée variole du singe. Dans une salle d’isolement surpeuplée, Safi Byamungu, une fillette d’un an, lutte contre la maladie aux côtés de sa mère, Cibalonza, enceinte de cinq mois. Leur combat illustre la gravité de cette maladie qui ne cesse de se propager. Cibalonza décrit son calvaire : « Il fait chaud, et ça chatouille tellement qu’on a l’impression qu’on nous verse de l’eau chaude sur le corps. En me grattant, je me couvre de plaies, je ne peux rien faire d’autre. Ma poitrine est totalement abîmée. » Ces mots traduisent la souffrance provoquée par cette maladie qui cause éruptions cutanées, fièvre, douleurs musculaires et une fatigue extrême. Selon le Dr Charles Masiya, médecin directeur de l’hôpital de Kamanyola, cette maladie exige des soins complexes : « Nous devons protéger la mère tout en évitant que le fœtus soit affecté. Cela implique des traitements adaptés et une surveillance constante. » Une propagation rapide et un système de santé sous pression En moyenne, l’hôpital accueille entre 10 et 20 nouveaux cas par jour. La situation est d’autant plus préoccupante que cette nouvelle souche du virus, initialement transmise par les rongeurs, passe désormais directement d’homme à homme. Ce mode de transmission accélère sa propagation, compliquant la tâche des autorités sanitaires. Depuis le début de l’année, la RDC a enregistré plus de 18.000 cas et 600 décès liés à la variole simienne. Le Sud-Kivu, est l’une des provinces les plus touchées. Les enfants et les personnes immunodéprimées sont particulièrement vulnérables, ce qui ajoute une dimension tragique à cette crise. Des efforts pour contenir la maladie La province du sud-Kivu qui a enregistré plus de 8.000 cas et des décès a lancé la campagne de vaccination contre la variole du singe. Cette campagne vice à vacciner plus de 10.300 personnes principalement les groupes à haut risque comme les professionnels de santé et les personnes ayant été en contact avec les malades. En parallèle, des campagnes de sensibilisation sont menées pour inciter la population à consulter les structures de santé dès l’apparition des symptômes. « Nous conseillons vivement de ne pas traîner chez des guérisseurs traditionnels ou dans des chambres de prière, mais de venir directement à l’hôpital, » insiste le Dr Masiya. Des vies derrière les chiffres Au-delà des statistiques, ce sont des vies brisées. La lutte quotidienne de Cibalonza et de sa fille illustre les défis auxquels les familles sont confrontées. Malgré la fatigue et la douleur, elle s’accroche à l’espoir de retrouver la santé. Les équipes médicales, elles aussi, sont en première ligne. Équipés de combinaisons de protection, ils travaillent sans relâche pour soigner, surveiller et accompagner les patients, tout en évitant d’être eux-mêmes contaminés. Des solutions accessibles Pour les habitants de Kamanyola et des zones voisines, il est crucial de se rendre dans les structures médicales comme l’hôpital Saint-Joseph dès l’apparition des premiers signes. Des médicaments nécessaire sont disponibles, et les équipes médicales sont formées pour assurer un suivi adapté. Le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, intensifie également la distribution de matériel médical et de médicaments. Les centres de santé locaux jouent un rôle clé dans le dépistage et la prise en charge. Un appel à la solidarité et à la vigilance La lutte contre la variole simienne nécessite une mobilisation collective. Le respect des mesures d’hygiène, la sensibilisation et l’accès aux soins sont des éléments cruciaux pour contenir cette épidémie. Pour Cibalonza, Safi, et des milliers d’autres familles touchées, l’espoir réside dans la solidarité et la résilience d’une communauté unie face à l’adversité. Victoire MUKENGE
